Une collection créée et réalisée par le CEPAM et l’association Arkéodidacte.

Le Panthéon

L’archéologie n’est pas un métier… c’est une science. Et il faut beaucoup de métiers différents pour faire de l’archéologie. Dans ces enquêtes, nous avons voulu vous en faire découvrir certains. Mais notre illustratrice a mis son grain de sel, elle a représenté nos archéologues dans la peau de dieux antiques et elle s’est inspirée d’œuvres célèbres pour ses représentations. L’occasion de faire un peu d’histoire de l’art…

Artémis est archéozoologue

Elle est inspirée d’une œuvre de 1930 du sculpteur hongrois Alexandre Kelety (1893-1961) [collection privée].

Déméter est archéobotaniste

Pour la posture, il s’agit du tableau de Jules Breton (1827-1906), Le Rappel des glaneuses peint en 1859. Huile sur toile de grandes dimensions (90,5 de haut sur 176,0 cm), conservé au Musée d’Orsay, et qui offre une vue idéalisée du retours des champs un soir d’été en Artois. Notre personnage porte donc l’un des attributs de Demeter, une gerbe de blé.

Le vêtement est lui inspiré d’une sculpture en ronde bosse de la korè Phrasikléia, œuvre de Aristion de Paros, sculpteur grec de la fin du VIèmesiècle avant l’ère commune. Cette statue funéraire, conservée au musée archéologique national d’Athènes (inv.4889) a été découverte dans parfait état de conservation, au point que les traces de polychromie étaient parfaitement lisibles. Ce qui a permis d’en proposer une restitution colorée.

Légende photos : cop. Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Korê : © Enrique Íñiguez Rodríguez (CC-BY-SA) (version colorée) et Francesco Bini — Travail personnel  (version originale)

Perséphone est anthracologue : spécialiste des charbons de bois

Notre personnage est inspirée de deux œuvres

Ophélie (1910) huile sur toile de John William Waterhouse (1849-1917), collection privée d’Andrew Lloyd WebberLa déesse aux serpents de Cnossos, statuette en faïence vernissée de la période minoenne. C’est l’une des 1038 femmes représentées dans l’œuvre contemporaine The Dinner Party de Judy Chicago, aujourd’hui exposée au Brooklyn Museum

La dessinatrice lui a rajouté des fleurs de grenade dans les cheveux, attribut de Perséphone. Perséphone étant assimilée au monde des mort (pour l’hiver), c’est la raison pour laquelle le choix s’est notamment fait sur une œuvre représentant une « divinité » chtonienne avec des serpents.

Prométhée est céramologue

Prométhée, dans la mythologie de la Grèce antique, façonne les humains à partir d’argile… Quoi de plus naturel que d’en faire notre céramologue ?

Clio est historienne

Κλειώ / Kleiố, est inspiré par une statue funéraire de la Grèce dite de l’époque orientalisante, vers 630 av. l’ère commune ; la célèbre « Dame d’Auxerre », conservée aujourd’hui au musée du Louvre. Petite (75 cm de haut) en calcaire, elle provient de Crète.

Athéna est spécialiste des textiles

Tout simplement ici, l’inspiration vient d’une statue archaïque de l’acropole, représentant Athéna lors de la bataille contre les géants. Notre illustratrice l’a représentée ici avec un métier à tisser tel que ceux utilisés dans le monde égéen de l’âge du Bronze.

Zeus, roi des dieux est notre archéo-chimiste

La représentation est inspirée de l’huile sur toile Jupiter et Sémélé peinte en 1894-95 par Gustave Moreau (1826-1898), une œuvre du courant symboliste conservée au Musée G. Moreau à Paris. On y voit Sémélé (mère du dieu Bacchus) alors qu’elle meurt quand, à sa demande, Zeus lui apparaît dans toute sa splendeur divine.

Aphrodite ne pouvait être que notre spécialiste de la parure

La représentation est inspirée de la Naissance de Venus du peintre florentin Sandro Botticelli (1445-1510). Tempera sur toile, galerie des Offices à Florence (inv.00158551), vers 1485. Elle écoute dans un coquillage, souvent associé à la déesse, coquillages qui sont très utilisés pour la parure pendant la Préhistoire notamment…

Hadès, dieu des morts, est évidemment anthropologue

Petit clin d’œil inspirée d’une œuvre représentant Jésus par W. Holman Hundt (1827-1910) : l’ombre de la mort. Cette grande huile sur toile (2 m de haut), peinte en 1870-1873 lors d’un voyage à Jérusalem, est conservée à la Manchester Art Gallery (Manchester, Angleterre).

A ses pieds, deux de ses attributs : son casque appelé « kunée », don des cyclopes, qui rend son porteur invisible même aux yeux des dieux et la corne d’abondance, représentant la richesse et la fertilité, liée aux trésors et aux ressources souterraines. Il tient dans ses mains, le bident, symbolisant son autorité sur le monde souterrain et son pouvoir sur les âmes des morts, et un serpent symbole chtonien.

Comme géoarchéologue, la Terre elle même : Gaïa

La représentation est inspirée de l’Ève de Lucas Cranach l’ancien (1472-1553), peinture à l’huile de 1528, initialement attribuée à A. Dürer, conservée au musée des Offices (Florence, Italie)

Sisyphe est lithicien, spécialiste des outils en pierre taillée

Notre Sisyphe est inspiré de la sculpture en Bronze d’Hamlet du Gower Monument, érigé à la fin du XIXème s., à Stratford-Upon-Avon en Angleterre. Au lieu d’un crane, il observe un outil en silex…

Apollon se fait spécialiste de l’art rupestre et pariétal

Inspiré du « chanteur florentin » du peintre et sculpteur Paul Dubois (1829-1905), dont un exemplaire en bronze argenté de 1865, est au musée d’Orsay. La mandoline a été remplacé par les attribut de l’allégorie de la peinture : pinceaux et palette.

Hermès, grand voyageur est donc ethnoarchéologue

Inspiré d’une représentation d’Ukiyo, issu du panthéon japonais, représenté par Van Gogh.

Les couvertures

Les gauloises portaient elles des jeans ?

La couverture est inspirée de l’Examen de Danse (1880) du peintre français Edgar Degas (1834-1917). Pastel sur Papier, musée d’Art de Denver (USA).

La quatrième de couverture, au dos, nous montre Chacureuille est habillée de braies, porte un torque en or et souffle dans un Carnyx, autant d’attributs caractéristiques des Gaulois.

Qui a inventé le vin ?

Cette couverture est inspirée de deux peintures à l’huile du Caravage, Le Petit Bacchus malade (1593-1594), conservé à la Galerie Borghèse à Rome pour la posture, mais aussi d’un autre Bacchus, conservé à la galerie des offices à Florence peint vers 1598.

Le Petit Bacchus malade (1593-1594), Le Caravage, Galerie Borghèse à Rome

Quant à la quatrième de couverture, au dos, elle est inspirée des Noces de Cana, de Paul Véronèse (musée du Louvre, Paris), huile sur toile peinte en 1653. Sur l’extrait ont été rajouté les « inventeurs » mythologiques du vin (Osiris, Dionysos, Jamshid…)

Les Noces de Cana, Véronèse, musée du Louvre Paris

Néandertal portait-il du rouge à lèvre ?

L’illustration en couverture est inspirée d’une estampe (gravure sur bois) de Kitawaga Utamaro : Takashima Ohisa employant deux miroirs pour observer sa coiffure (MFA, Boston).

L’illustration au dos est quant à elle inspiré de La jeune fille à la perle de Johannes Vermeer, huile sur toile de 1665. Mauritshuis, La Haye (Pays-Bas).

Qui a inventé le recyclage ?

En couverture, une illustration inspirée des œuvres de Giuseppe Arcimboldo (XVIème s.), le portrait de Chacureuille est constitué d’objets archéologiques, à l’image du portrait qu’Arcimboldo avait fait de Rodolphe II avec des végétaux.

Au dos, la quatrième de couverture est inspirée des œuvres d’Andy Warhol, 32 boîtes de soupe Campbell (Museum of Modern Art, New York) et de ses sérigraphies pop colorées.